joi, 14 aprilie 2011

Ma maison

Quel début ! Comme je vous l'ai déjà raconté, l'ensemble de mon séjour à Bordeaux a été tel une aventure. La route entre la Roumanie et la France, et surtout les personnes qui apparaissent dans le récit de cette partie de ma vie sont et vont laisser dans mes souvenirs quelque chose de magique.
            Par la suite, je suis arrivée avec ma compatriote au Village 2 à Pessac, endroit qui  avait été  jusque-là comme une tache blanche sur ma carte; j’ai commencé dès le début à construire l’image de ce lieu. Il était presque 23h. Personne en dehors de nous n’était dans la rue. Nous nous sommes présentées à l’accueil. Le monsieur qui était chargé d'accueillir les étudiants qui arrivent en dehors des horaires prévus a été très gentil et patient avec nous. J’ai supposé qu’il avait beaucoup d'expérience avec les étrangers, car j’ai été étonnée de constater qu’il comprenait ce que nous essayions de lui demander avant même que l'on ait fini la phrase. Il a été très accueillant, ou peut-être était-ce nous qui avons été très ouvertes avec lui, parce que nous sommes restées au moins trois quarts d’heure en sa compagnie à l'écouter nous raconter presque toute son existence. Puis nous avons signé les papiers et reçu les clés. Nous sommes montées dans les chambres pour laisser nos bagages, car nous étions invitées chez Marie-Alix, la française qui nous a aidées à arriver en village. A partir de ce simple coup d'œil, j’ai été contente de ma chambre, même si ce n’était pas aussi sympa que chez ma nouvelle amie. En réalité j’ai été très contente d’avoir un lieu le plus petit possible, que j’allais pouvoir appeler ma maison.
            Le lendemain, la lumière du jour a changé complétement ma chambre, et c’est à ce moment là que j’ai compris qu'il y avait plein de choses qui manquaient. Il fallait que j’achète beaucoup de choses: des assiettes, des couverts, de la vaisselle, du linge, etc.  L’aventure commençait! Nous ne connaissions aucun supermarché ou endroit où nous aurions pu faire nos courses. Encore une fois notre ange Marie-Alix nous a aidées à nous orienter dans la ville.
Petit à petit, ma chambre a pris vie, et ma vie à Bordeaux a commencé a prendre   forme et sens.
Le trajet entre la maison et l’université m'est devenu également très familier, car j'ai commencé à connaître  tous les arrêts du tramway par leur nom et dans leur ordre. J’habite assez loin de ma faculté,  il y a 30 minutes de trajet en tramway, mais ça ne me dérange pas car mon village universitaire est très calme. L’unique inconvénient est que je ne peux pas rentrer à la maison pour manger le midi et que je suis donc obligée de manger en ville, soit au restaurant universitaire, soit dans des restaurations rapides. Et bien sûr il ne faut pas oublier un autre inconvénient qui est plutôt occasionnel: les grèves de tramways.   
            Les jours se sont mis à passer très vite et j’ai commencé à avoir une vie de plus en plus chargée. Je partais presque toute la journée, et ce n’était qu'en fin de semaine que j’avais le temps de m'occuper de ma chambre. Même comme ça, ma chambre est devenue plus chaleureuse. Ma mère m’a envoyé des rideaux ; j’ai acheté une plante ; j’ai peint une fleur sur le mur de ma chambre et mon étagère est devenue une vraie bibliothèque. Maintenant ma chambre est assez bien organisée, et même s'il n’y a pas plus de 10m²,  j’ai réussi à trouver une place pour chaque chose.
            J’ai investi beaucoup de sentiments dans cette pièce, et rien qu'en pensant qu'à un moment donné il me faudra partir, je deviens triste.
            Bien sûr que par rapport à ma chère chambre aux murs bleus, ce n’est pas tout rose. Il y a une partie moins jolie de l’histoire qui inclut des problèmes et des choses que je n’aime pas. Par exemple le linoléum qui est tout gris et qui a des taches et des traces que je n’arrive pas à enlever. J’ai cherché un joli tapis avec lequel je pourrais cacher les défauts mais je n'en ai pas trouvé de sympa. Jai eu aussi des problèmes avec mon évier car il se bouche tout le temps.
            Mais même si je n’ai pas les meilleures conditions imaginables, je peux dire que je suis très contente de ma vie au Village 2, et je suis émue en pensant que le jour de mon départ est  proche. Elle va beaucoup me manquer, cette petite chambre que 10 mois durant j’ai appelée maison.

marți, 12 aprilie 2011

Qui suis-je?

Je m’appelle Ghita Maria et je suis d’origine roumaine. J’ai fait 3 années d'études supérieures à l'Université de l’Ouest de Timisoara, Roumanie. En 2010, j’ai préparé mon mémoire sur « L’attitude des jeunes envers  la mort »  supervisé par le Professeur  Anca Munteanu qui m'a beaucoup aidée dans ma recherche et pour la préparation de mon mémoire.
Étant toujours intéressée par la singularité, par l’unicité et par la complexité du vécu de chaque individu, je suis devenue psychologue dans mon pays. J'ai décidé d’approfondir mes études en psychologie, ainsi je me suis inscrite en Master de Psychologie Clinique et Conciliation Psychologique à l’Université de l’Ouest de Timisoara.
Pendant ce temps passé à la faculté, j’ai cherché à acquérir une expérience pratique de la psychologie afin de me former professionnellement. Cela m’a permis de me rendre compte de  plusieurs défauts présents dans le système d’enseignement dans lequel j’étais inscrite. Ayant déjà ces informations, j’ai ressenti le besoin d'aller chercher un cadre plus élaboré, un modèle d’enseignement qui vienne mieux soutenir les besoins pratiques d’un futur psychologue clinicien.  Ma recherche a alors commencé.
J’ai d’abord cherché les universités dans lesquelles l’enseignement était dispensé en anglais. La majorité des offres étaient données dans des domaines qui ne m'intéressaient pas tellement. C’était assez décevant. J’ai ensuite commencé à considérer d’autres  aspects comme l’aspect financier et je me suis immédiatement  rendue compte que je ne pouvais pas m'en sortir uniquement avec l’aide de mes parents. Un obstacle de plus sur ma route! Mais même ainsi, je n’ai pas voulu renoncer. J’ai continué mes recherches jusqu’à ma découverte du programme bourses Erasmus  pour les étudiants de Master.
Je n’ai informé aucun de mes proches de ma décision avant la réception de la réponse positive du bureau des relations internationales. J’ai été la plus heureuse du monde à l’idée d’étudier avec des professeurs reconnus dont j’avais déjà lu les travaux, et cela malgré ma peur vis-à-vis de mon niveau de français. J’étais très motivée face aux différents challenges.
La langue française  a été l’un des aspects qui m’a influencée dans mon choix d’aller à Bordeaux pour faire mes études car je trouve la langue française très importante et charmante.
J’ai été encore plus heureuse de voir que ma famille était aussi très heureuse pour moi et à mes cotés, à me soutenir. Ma famille n’est pas très grande et n’est pas parfaite mais je l’adore.
Ma mère s’appelle Doina Ghita qui , en dehors d’être  la plus belle et bonne du monde, est une femme de succès qui travaille beaucoup et qui est très appréciée dans sa matière. Elle est déjà à la retraite pour des raisons médicales mais elle travaille encore.
Malgré ses problèmes de santé elle est toujours joyeuse. J’ai une relation très proche avec elle, même si nous sommes loin maintenant. Elle a un très bon niveau en langue française et depuis que j’ai commencé aussi à la  parler elle est très enthousiasmée et nous la parlons toutes les deux.
Mon père s’appelle Vasile Ghita et c’est un homme très calme, du moins pas trop expressif. Il travaille aussi beaucoup et il fait vraiment des efforts pour nous donner tout ce dont on a besoin. Il nous aime beaucoup et même s’il ne parle pas trop de ses sentiments il nous les montre chaque jour par son comportement. Par rapport à notre relation je suis assez distante avec lui mais je sais qu’il est là pour moi. Lui et ma mère forment un couple très équilibré et parfois très amusant.
J’ai aussi une sœur qui est la plus agée des nous, elle s’appelle Anca Ghita et elle a 25 ans. Elle a fini ses études en économie et elle travaille déjà dans une entreprise. Elle est comme ma mère très appréciée dans ce qu’elle fait. Elle s’investi beaucoup dans son travail mais aussi dans ses relations d’amitié. Elle est toujours avec un de ses amis et elle a une vie sociale très active. Elle est très belle. Nous sommes très différentes et on ne dirait pas qu’on est sœurs. Elle a les cheveux blonds et les yeux bleus et moi je suis châtain avec les yeux marron.  Je l’adore et je suis très proche d’elle. Elle me manque le plus.
Un autre membre très important de notre famille c’est mon chien. Il s’appelle Bobo ; il a 9 ans et il est de race Cocker Spaniel. Il a 9 ans et il est très gâté. Il est tout noir et il a les yeux comme deux perles. Il comprend tout ce que l’on dit car il a de l’entraînement. Chaque été il part pour plus d’un mois avec ma grand mère dans un village à la montagne. C’est elle qui lui a appris à faire des choses car elle lui parle beaucoup.
Voici le tableau de ma très belle famille que j’adore et qui me manque beaucoup.
En ce qui concerne la cadette de cette famille c'est-à-dire moi j’arrive à garder très bien cette place dans ma famille car je ne cesse pas d’explorer tout ce qui est autour de moi. Je suis une personne très ouverte qui teste toujours ses limites et qui aime partager ses pensées. J’aime la vérité et  j’essaie chaque jour d’apprendre quelque chose de nouveaux.

Une partie

On dira que la vie a commencé ce jour-là : le jour ou où j’en suis partie ; le jour ou où j’y suis arrivée. C’est ce jour-là où j’ai eu l’idée de comment se passent quelques minutes pour une personne aveugle. Bien sûr j’avais ma vue intacte et aussi mon imagination. Mais je ne pouvais pas m’imaginer comment était la vie en France mais surtout comment allait être ma vie en France.
 J’avais le billet d’avion dans ma main et mon sac à dos était plein de guides, de dictionnaires et de cartes sur la France et sur Bordeaux ; même comme ça j’ai eu le sentiment d’un rêve. C’était pour moi la première fois que je partais de la maison toute seule pour une période si longue.
            C’était très difficile car je n’ai pas eu le vol direct jusqu’à Bordeaux. D’abord j’ai pris l’avion jusqu’à Beauvais où je suis allée  pour la première fois. Pour aller à Paris j’ai pris l’autobus. En une heure et demie approximative et demie à peu près, je suis arrivée à Paris et après encore une demie heure je suis arrivée en métro à la gare Montparnasse et c’est là que les choses ont commencé à devenir plus compliquées. C’était la première fois que j’allais en France.  Je me suis trouvée dans une gare comme je n’en avais jamais vu. C’était énorme et le pire était que je n’avais pas de billets.
J’étais avec 3 autres filles mais aucune ne savait ce qu’il fallait faire. On a commencé: chacune de nous a demandé à des jeunes s’ils savaient parler anglais parce qu’à ce moment-là on ne se sentait pas encore à l’aise pour exercer notre français surtout que les informations étaient d’une importance capitale. Entre temps les filles qui ont eu une autre destination que Bordeaux ont disparus et moi je suis restée avec ma compatriote qui n’avait aucun sens de l’orientation. Cette expérience nous ayant permis de mettre en place différents mécanismes qu’ils soient de défense ou d’affrontement.
 On rigole ; on s’énerve tout en essayant de trouver une solution. A la fin on a réussi à acheter les billets et de nous embarquer dans le TGV qui allait nous amener à Bordeaux.
            C’était étonnant de voir comme dans une telle situation il y a toujours quelqu’un de très généreux avec soi, qui ne va plus tenir compte des minutes qui passent et qui va demander « Mademoiselle ça va ? Vous avez besoin d’aide avec votre bagage ? ». Pour moi ce voyage a été sans cesse une démonstration de bienveillance, de générosité et d’élégance de la part du peuple français. Un autre épisode qui vient illustrer ces comportements bienveillants s’est passé dans le TGV, quand un monsieur nous a offert son aide  à moi et  ma compatriote, avec le bagage et aussi avec les billets pour le tram ; il nous a acheté les billets sans vouloir que nous lui rendions l’argent, malgré notre insistance. De sa propre initiative il a même parlé à deux filles afin de nous accompagner  jusqu’au village où nous devions loger. Le miracle a continué car les filles nous ont aidées à nous loger : monter nos bagages au 3ème étage ; et comme si ce n’était pas suffisant elles nous ont invitées chez elles pour dîner.
Apres un dîner très agréable je suis rentrée dans ma chambre et j’ai essayé de trouver de la place pour mes affaires.  Ma chambre est tout petite mais je m’y suis habituée et maintenant je me sens comme dans ma propre maison. J’ai essayé de créer une bonne ambiance et dans cette idée j’ai commencé à peindre des fleurs sur le mur au dessus de mon lit.
 Le lendemain cela a été la continuation de cette belle histoire car nous sommes allés tous les quatre à l’Eglise du Sacré Cœur pour la messe de dimanche.
            En regardant en arrière on pourrait sans doute dire que j’ai eu la chance, mais il ne faut pas oublier que c’est nous qui sommes responsables de tout ce qui se passe dans notre vie. J’ai eu la chance de rencontrer des personnes très ouvertes et bienveillantes qui sont responsables par leur comportement et que je remercierai toujours, et que je veux prendre comme modèles.
            Et pour finir je veux garder mes idées de la responsabilité  de coté, et je veux conseiller à mes chers lecteurs de ne pas oublier, quand ils voyagent, de prendre avec eux leur sourire et leurs bonnes manières qui vont remplacer sans doute toutes les cartes et les guides touristiques … mais pas forcément leur niveau en langues étrangères.