duminică, 15 mai 2011

La vie dans un verre de l’eau


Gouttes d’eau … chaque jour autour de moi coulent mille gouttes d’eau. 
Ma vie est devenue un verre dans lequel je glane des gouttes  d’eau.  Chaque jour autour de moi coulent mille gouttes de différentes tailles et de différentes puretés. Ces gouttes -là sont très spéciales car elles vont me désaltérer  et me donner la force de continuer mon voyage.
Chaque nouvelle rencontre et chaque lieu nouveau va se transformer en une goutte d’eau, en  des souvenirs qui vont nourrir mon âme avec des enseignements très précieux.
Lors d’une soirée qui a eu lieu au bord d’un lac qui se trouvait entre les montagnes, le paysage était superbe. Les gens qui sont venus pour faire la fête avaient l’air fatigués comme s’ils avaient abusé de cette continuelle recherche de sensations, d’expériences inédites. Le lac était comme un miroir  sur lequel se reflétait l’infinité  d’immortelles étoiles. La nature se réunissait dans une harmonie parfaite. J’ai voulu partager ces pensées et sentiments avec une des personnes avec lesquelles j’étais arrivée. En espérant que quelqu’un soit à côté de moi, je me suis retournée pour partager ces idées. Personne n’était là. Tout le monde dansait. Je me suis sentie un peu seule. Mes amies m’ont invitée  à danser mais j’ai préféré rester regarder le paysage. C’est à ce moment-là que  j’ai réellement compris que le plus souvent nous n’utilisons  pas ce que la nature nous offre et que nous recherchons  toujours des merveilles en oubliant que les choses les plus complexes et les plus belles sont en nous et parmi nous.
Ploc Ploc … des gouttes coulent et mon verre se remplit.
Ma façon de regarder le monde est devenue plus claire car chaque expérience m’a appris quelles sont les choses qui comptent.
Je me promène sur le quai de la Garonne et je vois des personnes qui font du sport ou des activités que je n’ai jamais vues. Pour moi les choses qui ici sont vues comme banales et ennuyeuses sont des sources d'étonnement. Je souris et je m’effraie face à ce que l’on pourrait nommer relativité puisque c’est de moi qu’il s’agit.
Depuis que je suis arrivée à Bordeaux, ma vie est devenue très riche car j’avais beaucoup de choses à faire et à apprendre  mais en même temps je suis devenue très pauvre car j’étais comme un petit enfant qui n’a pas les mots pour s’exprimer. Je n’avais rien à quoi m’accrocher, je n’avais personne à qui me confier, et le pire est que je n’avais pas les mots.  Je n’avais et je n’ai pas encore les mots pour exprimer tout ce que je vois, tout ce que je pense, ce que je sens et tout ce que j’ai appris. C’est par cette expérience –là que j’ai appris que les mots sont un des plus précieux héritages de l’humanité. Les mots se trouvent parmi les armes les plus puissantes car par eux on cause beaucoup de souffrance et en même temps ce sont les outils les plus utilisés pour donner le sens, la couleur. Les mots sont la condition pour la plupart des choses qui nécessitent un raisonnement plus ou moins complexe. Par les mots on peut caresser et guérir.  
Les mots sont tellement généreux qu’ils nous laissent jouer avec eux… Regardez les enfants : ce sont de véritables créateurs de mots. Mais les mots eux-mêmes sont des créateurs d’êtres car par ceux-ci on apprend  à dire oui ou non à des expériences. Les mots sont des gouttes d’eau qui vont être écrites et qui vont écrire des histoires, des gouttes qui vont prendre la forme de chaque lieu où elles vont atterrir.
Par les mots je peux exprimer ma joie d’être ici et je peux remercier toutes les personnes qui ont été à côté de moi jusqu’à maintenant. Par les mots je peux créer encore des gouttes d’eau, des rencontres, des souvenirs.
En regardant mon verre d’eau je me rends compte que chaque année il devient de plus en plus plein, et il me donne  la force et le courage d’aller plus loin dans l’inconnu. Ce sont mes expériences passées qui m’ont poussée à aller plus loin, à venir à Bordeaux et à vivre loin de ma famille mais plus proche de moi.
Je veux vous remercier vous tous qui avez partagé des leçons et des moments avec moi car grâce à votre présence et à votre souvenir ma vie est devenue plus riche. Merci beaucoup

Mes cours et mes stages


          Comme je suis étudiante Erasmus, je n’avais aucune idée de comment et où se dérouleraient mes cours. D’abord je n’étais pas sure s'il fallait faire ou non un stage. Petit à petit, la réalité universitaire a pris forme.
J’ai tout de suite compris que j'étais très chanceuse car j’allais étudier dans le plus beau bâtiment du système d’enseignement  bordelais, où se trouve une des plus belles bibliothèques du continent européen. J’ai été très heureuse de voir  que les salles de cours étaient aussi très bien équipées. Les heures passées en compagnie de mes nouveaux professeurs étaient comme des instants de beaux rêves, c’était tout ce que j'avais pu  souhaiter. Même si tout d’abord il m'a été très difficile de suivre les cours à cause de mon niveau de français qui était très mauvais, la reconnaissance d’être là m’a beaucoup aidée pour y parvenir.
Ensuite, j’ai eu mon contrat pédagogique signé par les deux établissements : l’Université de L’Ouest de Timisoara et l’Université Bordeaux II Victor Segalen; j’ai commencé à chercher un stage car désormais j'étais sure qu'il me fallait en faire un. Pour moi le stage n’était pas du tout obligatoire mais je me suis dit que c’était une expérience pratique très importante, surtout qu'en Roumanie la pratique des futurs psychologues n’est pas assez bien organisée. Mais au moment où j'ai cru que ma vie était devenue beaucoup plus simple, en réalité c’est là qu'elle est devenue beaucoup plus compliquée. Chaque jour je suis entrée dans différents hôpitaux ou unités de soins pour me renseigner sur les disponibilités des  lieux de stage et pour déposer  mon Curriculum Vitae, ma lettre de motivation, et ma recommandation. Chaque jour je me suis entraînée mais je n’ai  pas eu aucun résultat. Cette période a été une bonne occasion de tester la validité du dicton « L’espoir est décédé le dernier », car au moment où j’ai voulu renoncer j’ai reçu la réponse d’une psychologue qui travaille dans le prestigieux hôpital psychiatrique Charles Perrens. A partir de ce moment-là, j’étais sûre d'avoir un lieu de stage, ce qui m'a  rendu très heureuse. En dépit du fait qu'il s'agissait simplement d'un stage d'observation, j’ai appris beaucoup de choses. C’est une expérience qui m'a beaucoup aidée, car cela m’a permis de m’ancrer dans la réalité du travail d’un psychologue.
Le stage est vite passé, et les cours aussi. Les examens approchaient à grands pas. C’était la période la plus difficile pour moi car ma façon de me préparer aux examens  n’était pas du tout compatible avec les modalités française d'évaluation. Habituellement  je me prépare seulement pendant les jours de session, en dehors de ça je vais seulement aux cours; cela est possible car nous ne passons qu'un examen par jour et qu'entre chaque examen nous avons deux ou trois jours de libres. Là, c'était impossible. J’ai essayé de rester calme et de faire tout mon possible pour y arriver.
J’ai été très déçue quand j’ai fait appel à mes collègues français pour leur demander les cours qui me manquaient. Bien que ce soit eux qui se soient offerts de m’aider en cas de besoin, ils me l’ont refusé. Pour moi, leur réaction est incompréhensible. J’ai pris en compte le fait que je pouvais être vue comme une possible adversaire, mais cela n’était pas logique car mon statut d’étudiante Erasmus ne le permettait pas. Même dans ce cas je ne peux pas le comprendre, surtout quand je pense que nous sommes de futurs psychologues.
            Le temps a filé, et je me suis trouvée à attendre les résultats des examens. Après une période durant laquelle les 24 heures ne me suffisaient pas, la journée a commencé à devenir plus longue. Finalement j’ai reçu les résultats, et même si tout le monde me disait que j’avais de très bonnes notes je n’étais pas satisfaite, car je n’étais pas habituée à ce système de notation.
            C’est pendant les examens que j’ai compris l’importance des cours de français. C’est forcément à ce moment-là que je me suis rendue compte de tout le progrès que j’avais fait et de toutes mes lacunes.
            Le temps est passé trop vite à Bordeaux et je commence déjà à ressentir de la mélancolie. Il est certain que ça a été la période la plus enrichissante de ma vie, et je souhaiterai que s'éloigne le moment de mon départ. J’adore cette ville et tout ce que j’ai vécu ici.
Je vous conseille, à vous qui souhaitez goûter la vie étudiante à Bordeaux, de très bien planifier vos activités et de faire tout ce qu’il faut en son temps. Ici chaque instant peut devenir un très beau souvenir et cela dépend surtout de vous.


Ma vie quotidienne


C’est à nouveau lundi. Les draps de mon lit sont très doux et ne me donnent pas envie de me réveiller. Mon réveil sonne comme un fou. La chanson que j’ai choisie comme alarme est très lente, tellement lente qu'elle donne envie de continuer la promenade dans le monde du rêve. Mais même ainsi, le lundi matin, elle sonne différemment. J’ai l’impression d'être coupable de tout le mal du monde, pour être réveillée avec une telle brutalité … Une chanson douce qui cache la réalité de se lever si tôt. Ma conscience morale est déjà réveillée et c’est à cause d'elle que j'ouvre les yeux.
Il est 8 heures et je ne sais pas par quoi commencer. J'ouvre ma fenêtre et j’essaie de prendre la température. Attendez, je suis psychologue, pas météorologue! Je cherche sur internet la température du jour pour savoir comment m’habiller. Voici l’adresse qui est le guide de tous mes matins et qui ne m'a jamais déçue: http://www.horlogeparlante.com/france_bordeaux_325.php .
 Il est déjà tard et je suis encore en pyjama. Je saute le petit-déjeuner et je cours à l’université. Le lundi passe très vite car j’ai cours toute la journée. C'est déjà le soir et je suis très fatiguée. Je n’aime pas les lundis car je n’arrive à faire rien d’autre qu'à assister aux cours. Au début j’étais impressionnée par les bonnes habitudes culinaires des français et je me suis même proposée de prendre leur façon de prendre le repas. Mais le lundi tout devient impossible.
J’ai des amies à l’université qui viennent du Liban et de Grèce et qui se sont très bien habituées à l’horaire des repas. Dans mon pays nous n'avons pas d'horaires stricts pour manger; parfois je ne mange qu'une fois par jour, et même là je mange en faisant autre chose. Par rapport à la nourriture, dans mon pays nous n’avons le temps de préparer un repas consistant qu'en fin de semaine. En tous cas, j’essaie de laisser de côté ces mauvaises coutumes alimentaires et de commencer un nouveau style de vie.
C’est encore lundi et les propositions de soirées ont déjà commencé. Même si ma boîte mail est toujours pleine d'invitations, je n’aime pas assister à tout ce qui bouge. Je suis très sélective et c’est que je sors rarement le soir. Je préfère aller à des concerts ou au théâtre. J’adore les ballets et une fois j’ai eu la chance de voir un spectacle que j’ai beaucoup aimé. Comme je disais, même si je n’ai pas participé à beaucoup de soirées, j’ai toujours apprécié l’interculturalité de ces événements. J’adore ce  cocktail de cultures, ce mélange de couleurs.
Parfois je sors avec mes compatriotes pour aller danser. Je suis toujours partante pour aller dans des bars où il y a de la musique latino. J’adore danser à deux et j'ai été très déçue quand j'ai vu que les garçons ne savaient pas danser. C’est un peu paradoxal pour moi, car je vois  qu'ils ont envie d'entrer en contact avec les gens, mais qu’ils ne font pas d'efforts pour apprendre le langage commun de cet univers c'est-à-dire la danse.  La danse latino est une danse pleine de passion, et le pilier le plus important du couple est l’homme car c'est lui qui va conduire la danse. Depuis que je suis arrivée à Bordeaux j’ai appris quelques mouvements et j’essaie d'améliorer ma danse car j’ai compris que danser est une bonne façon d'exercer le langage corporel et de tester ses limites… et ne me dites pas que cette analyse est un défaut professionnel car je vous dirai que c’est un mode de vie.
Comme vous avez déjà pu le constater je suis assez conservatrice en ce qui concerne mes loisirs, du coup je ne connais pas beaucoup de bars ou d'endroits pour pouvoir donner des conseils dans ce sens là.
La semaine passe vite et je suis partagée entre les cours de Master 1 et Master 2. Chaque jour j’ai au moins deux cours et au maximum quatre. Chaque fois que je n’ai que deux cours, j'en profite en allant à la bibliothèque, en faisant mes achats et parfois en faisant à manger. Les week-ends sont comme des repas car j’ai la sensation qu’ils passent très vite. Le plus souvent il ne se passe rien de spécial car je reste à la maison pour travailler et me reposer. Très rarement, je sors en ville et encore plus rarement je fais des sorties. Même si je ne suis allée qu’une fois au bord de l’océan, il est certain que c’est là que j’aimerais passer tous mes week-ends.
            C'est avec cette dernière image du bord de l’océan que je voudrais finir cette petite présentation, car voilà qui est infiniment plus beau que ma vie et surtout qu'une semaine de ma vie. Je vous souhaite un bon week-end et des expériences inoubliables.

Ma rentrée à l’université de Bordeaux


           La partie la plus importante de ma vie à Bordeaux est bien sûr liée à mes études, à ma vie étudiante, car c’est pour mes études que je suis venue.
             D’abord quand je suis arrivée à Bordeaux je me sentais très à l’aise, comme si j’étais en vacance, et je me suis même mise à prendre toute cette expérience comme quelque chose de très amusant : comme une petite escapade, comme une fugue de tout ce que j’étais et de tout ce que je connaissais. Il était vraiment naïf de ma part de croire que cela était possible, car ma motivation la plus profonde, qui est de devenir un bon psychologue, a été tout suite mise en branle par ce que j’ai découvert dans le système d’enseignement français : le déroulement des choses est très différent par rapport au système roumain, et il offre beaucoup d’avantages pour les étudiants.
            C’était très difficile au début, parce que je n’avais aucune idée du mode de fonctionnement de ce système. Tout était nouveau: les unités d’enseignement, les travaux dirigés, les conditions de validation de chaque UE, etc. Chaque fois, quand je me remémore mes premiers jours à l’université, je me souviens de tous les problèmes administratifs possibles inhérents à une vie étudiante Erasmus. J’avais beaucoup de choses à faire et 24 heures n’étaient pas suffisantes pour moi.
            Parce qu’il fallait que je commence quelque part, je me suis présentée au secrétariat de psychologie pour savoir quelles étaient les choses les plus urgentes à faire pour mon dossier. J’ai été très étonnée de voir avec quelle gentillesse et quelle patience m’a accueillie la secrétaire, madame Mayet. Elle m’a renseignée sur  les choses à faire afin de ne pas avoir de problèmes en ce qui concerne mon contrat pédagogique. Elle m’a dirigée aussi vers le bureau des relations internationales et vers la Scolarité pour faire ma carte étudiant. La partie la plus compliquée de cette histoire a été le contrat pédagogique car il a fallu que je choisisse les mêmes cours que  mes collègues en Roumanie allaient suivre. Pour y parvenir, j’ai été obligée d'analyser en profondeur l’offre d’enseignement et de prendre un rendez-vous avec monsieur Olivier Grondin, le responsable des étudiants Erasmus. Encore un fois j’ai eu le plaisir de rencontrer une personne  très impliquée dans son travail, qui a eu la patience de répondre à toutes mes questions administratives.
            Tous ces aspects sont devenus à un moment donné assez frustrants pour moi, car je n’ai vu presque aucune ressemblance entre le système universitaire français et le système universitaire roumain. A ce moment-là, les uniques points communs entre les deux systèmes étaient  les contenus des cours et les travaux de fin d’année.
            Mais rien n’est sans solution. Avec une motivation forte et une stratégie d’adaptation face au nouveau, tout peut devenir une expérience très enrichissante. Petit à petit j’ai commencé à comprendre le système et  je m'y suis intégrée. Mon emploi du temps est devenu plus clair pour moi. Il était très chargé, car comme je suis étudiante Erasmus j’ai le droit de choisir les cours à suivre, et j’ai choisi des cours de Master 1 et Master 2. Je n’ai eu aucun jour libre pendant la semaine, et mes week-ends étaient aussi très chargés.
            Il y avait aussi des choses que j’ai beaucoup aimées et qui  m’ont aidées à m'échapper un peu de la réalité  administrative qui très souvent m’a fatiguée. J’ai adoré la cour d’honneur et le fait que je pouvais y prendre mon repas. J’ai aussi beaucoup aimé  les terrasses en haut du bâtiment où je suis restée au soleil pendant les pauses de cours. La bibliothèque m’a fascinée depuis le début car j’aime la fourniture et l’odeur des vieux livres. Très vite, ce lieu où les étudiants restent ensemble sans rien dire afin de découvrir telle ou telle pensée des plus grands écrivains est devenue  ma deuxième maison.
            En somme, je peux dire que ma rentrée à l’université de Bordeaux s’est très bien passée. Chaque jour a représenté un exercice de vie qui m’a permis de me développer, de construire une réalité, ma réalité, avec un réseau social, avec une vie étudiante chargée, avec mon travail. Cette période-là a été surtout un exercice de connaissance de soi qui m'a permis de découvrir une partie de moi jamais explorée. Je suis très contente et reconnaissante pour tout ce que j’ai vécu.